L’année 2025 marque un tournant majeur dans la législation française sur les congés payés.
Des changements de taille, issus d’une transposition légale datant d’avril 2024, redéfinissent les droits des salariés et les obligations des employeurs.
Ces évolutions, principalement liées à l’articulation entre congés payés et arrêts maladie, s’accompagnent de débats sur d’autres aspects du droit du travail.
Les nouvelles règles d’acquisition et de report des congés payés en cas d’arrêt maladie

Acquisition de 2,5 jours de congés par mois pendant tous les arrêts maladie
Étendre le droit d’acquisition des congés payés à tous les types d’arrêts maladie définit la réforme de 2025. Désormais, les salariés accumulent 2,5 jours de congés par mois, même lors d’un arrêt maladie non professionnel. Cette mesure s’aligne sur les directives de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Auparavant, seuls les arrêts liés aux accidents du travail ou aux maladies professionnelles permettaient cette accumulation. Le nouveau dispositif pourrait augmenter de 10 à 15% le nombre de congés acquis pour environ un million de salariés concernés, selon les estimations basées sur les données de la CJUE.
Extension de la période de report de 12 à 15 mois
Passer la période de report des congés non pris en raison d’un arrêt maladie de 12 à 15 mois est la nouvelle règle. Cette extension donne plus de flexibilité aux salariés pour planifier leurs congés après un retour au travail.
Les employeurs doivent adapter leurs systèmes de gestion des congés pour tenir compte de cette nouvelle période. Un tableau comparatif illustre ces changements :
| Aspect | Avant 2025 | Après 2025 |
|---|---|---|
| Acquisition pendant arrêt maladie | Uniquement pour accidents/maladies professionnels | Pour tous les types d’arrêts |
| Période de report maximale | 12 mois | 15 mois |
Application rétroactive depuis décembre 2009 et obligations d’information de l’employeur
S’étendre jusqu’au 1er décembre 2009 définit la rétroactivité de la mesure, ce qui implique un recalcul potentiel des droits pour de nombreux salariés. Les employeurs ont l’obligation d’informer leurs employés de leurs nouveaux droits dans un délai de 10 jours après leur retour au travail.
Cette disposition rétroactive pourrait entraîner des ajustements de taille dans les compteurs de congés de certains salariés, notamment ceux ayant connu de longues périodes d’arrêt maladie depuis 2009.
Les autres réformes qui impactent les jours de repos en 2025
Suppression potentielle de deux jours fériés
Des discussions gouvernementales évoquent la possibilité de supprimer deux jours fériés : le lundi de Pâques et le 8 mai. Cette mesure viserait à générer des économies pour l’État, estimées entre 1 et 2 milliards d’euros. Pour les salariés, cela est une réduction effective de deux jours de repos par an.
Le nombre de jours ouvrables en 2025 pourrait ainsi augmenter, modifiant le calcul des congés payés et des rémunérations. Cette proposition suscite des débats sur l’équilibre entre productivité et bien-être des travailleurs.
Nouvelles limitations sur les arrêts maladie courts
À partir du 1er septembre 2025, une nouvelle règle limite l’indemnisation des arrêts maladie courts à 3 jours consécutifs sans contrôle médical. Cette mesure vise à réduire les abus et pourrait diminuer le nombre d’arrêts courts d’environ 10%, selon des études gouvernementales.
Un tableau récapitulatif des changements concernant les arrêts maladie :
| Aspect | Avant septembre 2025 | Après septembre 2025 |
|---|---|---|
| Indemnisation sans contrôle | Sans limite fixe | Maximum 3 jours consécutifs |
| Impact estimé | – | Réduction de 10% des arrêts courts |
Débats et rumeurs sur la suppression de la 5e semaine de congés payés
Des discussions circulent sur les réseaux sociaux, notamment X (anciennement Twitter), concernant une éventuelle suppression de la 5e semaine de congés payés. Cette proposition, non confirmée officiellement, s’inscrirait dans un débat plus large sur la productivité et la dette publique.
Les arguments en faveur et contre cette mesure incluent :
- Pour : augmentation potentielle de la productivité nationale
- Contre : risque d’impact négatif sur le bien-être des salariés et leur équilibre vie professionnelle/vie personnelle
Impact financier et pratique pour les salariés et employeurs

Coûts de mise en conformité pour les entreprises
Les entreprises doivent s’adapter à ces nouvelles règles, ce qui engendre des coûts de mise en conformité. Selon une étude de Culture RH publiée en décembre 2024, ces coûts sont estimés entre 500 et 1000 euros par entreprise, principalement pour la mise à jour des logiciels de paie et la formation du personnel RH.
Les principales dépenses pour les entreprises comprennent :
- Mise à jour des systèmes informatiques de gestion des congés
- Formation du personnel RH aux nouvelles règles
- Communication interne pour informer les salariés des changements
Gains et pertes estimés pour les salariés selon leur profil
L’impact financier pour les salariés varie selon leur situation. Les personnes ayant connu des arrêts maladie longs depuis 2009 pourraient bénéficier d’un gain de taille en jours de congés. À l’inverse, la potentielle suppression de deux jours fériés est une perte pour l’ensemble des salariés.
Une étude menée par PayFit en mai 2025 estime que :
- 20% des salariés pourraient gagner entre 3 et 5 jours de congés supplémentaires par an grâce aux nouvelles règles d’acquisition pendant les arrêts maladie
- La perte moyenne due à la suppression potentielle de deux jours fériés serait d’environ 0,8% du salaire annuel
Stratégies d’optimisation des congés avec les nouveaux calendriers
Face à ces changements, les salariés peuvent adopter de nouvelles stratégies pour optimiser leurs congés. JobPass, dans une publication récente, suggère de poser 7 jours de congés stratégiquement pour obtenir jusqu’à 28 jours de repos grâce aux ponts restants.
Quelques conseils pour maximiser les jours de repos en 2025 :
- Planifier les congés autour des jours fériés maintenus (1er mai, 14 juillet, etc.)
- Vérifier régulièrement ses droits accumulés, notamment après des périodes d’arrêt maladie
- Anticiper les périodes de forte activité professionnelle pour poser ses congés en dehors de ces moments

